#Chronique 04 : Bref… J’ai lu Claude Bremond

Capture d’écran 2014-11-10 à 21.00.25 Par Gaëlle ONANA


Bonjour à tous 🙂

Je m’étais dis à l’ouverture de cette plateforme virtuelle (bref blog quoi) que je ne ferais jamais d’articles personnels. Vous voyez ce genre de post où on exprime ce qu’on pense, sans que cela ne soit des coups de gueules, mais des articles d’opinions. Je voulais faire des papiers vraiment neutres, qui s’inspiraient de recherches, lectures et analyses. Mais aujourd’hui j’ai craqué. Laissez moi vous expliquer la petite histoire.

Je suis en pleine préparation de deux articles : l’un sur le retour de la diaspora camerounaise et un autre sur la communication de masse en Afrique. Dans le cadre de ces deux futurs bijoux, je me suis mise à lecture d’un article intitulé « Les communications de masse dans les pays en voie de développement ». Trouvé sur la plate forme « Persée », il a été écrit par Claude Bremond. Je ne vous donnerais pas la date, sinon mon mini-article d’expression, d’opinions n’aura plus de sens. Je prends le parti de vous la donner en fin d’article, afin de faire une critique et une ouverture sur ce que m’a inspiré cet article à première lecture.

Je vous épargne  le blabla sur la longue biographie de l’auteur de cet article. Le dénommé Claude Bremond est un grand chercheur. Sémiologue, il a été au commande de la prestigieuse école française « école des hautes études en sciences sociales ». Enfin bref, ce n’est pas le sujet, ceci uniquement pour vous dire que c’est un homme instruit et très intelligent. Mais l’intérêt n’est pas ici de parler de lui mais d’un passage qui a retenu mon attention durant ma lecture. Vous le trouvez ci dessous, prenez le temps de le lire avant de lire la suite s’il vous plait.

On peut au moins distinguer quatre couches de public :

a) Une mince couche évoluée, groupée dans les grandes villes, ayant des goûts et un niveau d’instruction qui les rapprochent des publics européens ou nord-américains.

b) Un public constitué par ce qu’on peut appeler la classe moyenne : instituteurs, infirmiers, contremaîtres, employés, qui comprennent le français ou l’anglais (en Afrique ou en Asie) sans en avoir une pratique

parfaite, mais qui ont un vif désir de s’affirmer comme des individus instruits et évolués.

c) Le prolétariat misérable des grands centres urbains, nouveau venu à la ville, ayant quitté son village, déraciné et détribalisé : à la différence de celle qui précède, cette couche du public se montre indifférente aux programmes éducatifs ou culturels ; en revanche, elle est avide de films d’aventures, de musique de danse afro-brésilienne ou afro-cubaine, de rengaines occidentales.

d) La masse rurale encore solidement intégrée à ses structures sociales et sa culture, analphabète, ne comprenant que son dialecte, souvent rétive à l’intrusion des mass-media comme à tout ce qui dérange ses modes de penser ou d’agir traditionnels.

Bon maintenant inspirés, expirés et confirmés comme moi que vous êtes quand même un peu choqués. Si je résume un peu ses écrits, les africains d’une manière générale (déjà je n’aime pas qu’on parle ainsi de l’Afrique qui possède des pays et cultures différentes, mais bref c’est un autre sujet) sont divisés en quatre couches sociales. La couche la plus élevée ne fait qu’essayer d’aspirer à devenir « la classe moyenne » telle qu’on la conçoit chez les Nords américains ou les européens (je me demande s’il compte les roms dans les fameux européens, mais encore une fois ce n’est pas le sujet). Vous m’excuserez mais mon optimiste exacerbé me fait penser que nous sommes, nous africains (s’il faut qu’on nous mette dans un sac où nous sommes pareils et sans différences), assez différents de cette vision des choses. La fameuse classe moyenne dont il parle, est tout de même un peu plus instruit qu’il ne le pense. Ce prolétariat qui selon lui s’identifie à une couche sociale uniquement intéressée par des séries brésiliennes à la télévision est tout de même un peu plus évolué. Je me trompe ? Continuons… Pour la classe rurale là, c’est tout simplement « la cerise sur le gâteau ». En gros, selon lui c’est celle qui ne comprend que son dialecte et pour qui le français ou l’anglais est totalement une langue inconnue ?? Non mais oh  ! Il est au courant que ma grand mère sait dire « bonjour » en anglais ? Cela fait déjà d’elle un membre d’une couche rurale qui ne rentre pas dans sa case ridicule.

Bref je n’ai fais aucune recherche pointue me permettant de vous fournir des  chiffres précis ou vous démontrer par A + B que ce qu’il dit est faux mais bon, restons un peu sérieux tout de même. Il aurait quand même pu accompagner sa parole d’exemples de pays précis pour que cela paraisse un minimum crédible. Je trouve que c’est assez grave de nous balancer cela ainsi comme ci tous les pays d’Afrique vivaient la même évolution et la même configuration. Vous êtes quand même assez d’accord avec moi j’espère (vous avez le droit de ne pas l’être). Pour couronner le tout, il semble dire dans la suite de l’article que les différentes couches sociales en Afrique ne communiquent JAMAIS et cela rend impossible la mise en place de quelconques initiatives. Un exemple très précis, il prétend quand même que s’il n y’a pas de cinémas en Afrique, au delà des blocages liés aux manques d’infrastructures techniques ou industrielles, c’est surtout parce qu’il faudrait mettre en place des interprètes dans les salles pour traduire en langues locales les films. Bref ! Je pense que vous avez saisi mon ressenti en me lisant. Pour moi, tout cela sonne tout simplement faux et incompréhensible. Beaucoup trop biaisé et beaucoup trop réducteur à mon gout.


MAIS, parce que oui il y’a un mais

Vous vous doutez bien qu’un homme si intelligent, ne peut pas écrire autant de choses incompréhensibles sans raisons. Alors déjà j’avais dit que je garderais le suspens sur la date de publication de cet article jusqu’à la fin alors oui en effet l’article a été écrit en 1963. Oui, 1963 !!! Cela commence à faire un moment quand même, vous le concevez comme moi. Je n’étais pas née, ma mère n’était pas née et on parlait encore très peu de nouvelles technologies et communication de masse en Afrique. Je comprends donc qu’une longue étude l’ai amené à donner ce style de conclusion. Voyez vous en fait, moi après coup, après relecture et  mini analyse ce ne sont plus des interrogations ou alors des exclamations qui me sont venues à l’esprit. Mais plutôt de l’admiration. Vous vous demandez surement pourquoi. Ne vous inquiétez pas je ne suis pas ici entrain de bizarrement fantasmer sur l’auteur de cet article. Personnellement moi ce qui me fait fantasmer c’est l’évolution de l’Afrique. Si l’on est aussi choqué aujourd’hui sur les éléments avancés par cet article c’est que l’Afrique a évolué et a changé. Que les choses se sont modifiées, les classes se sont diluées et les individus sont aujourd’hui très peu classables dans ce style de catégories rigoristes et précaires. Donc voilà beaucoup moins qu’un coup de gueule, l’article que je vous propose aujourd’hui, mon petit brouillon, ce papier que je m’étais promis de ne pas écrire, où j’exprime mon enthousiasme face à l’évolution de l’Afrique, n’a qu’un seul et unique but, vous encourager à lire cet article de Claude Bremond que j’ai découvert. En effet, un peu cliché comme parole mais on saisi mieux où l’on va quand on a réellement conscience d’où l’on vient. Aujourd’hui malgré le fait que l’on veuille tout, et tout de suite, que l’on critique, que nous imposions des changements rapides et immédiats, nous, nouvelle génération ambitieuse et visionnaire, n’oublions surtout pas que nous sommes un continent en construction. Nous sortons « à peine » de nos indépendances (je sais je pousse le bouchon un peu loin en disant çà), et selon moi notre évolution est RE-MAR-QUA-BLE.

Je vous laisse donc sur ces quelques mots, en vous encourageant à aller consulter cet article qui nous permet de voir que les choses ont changé. Le contexte socio-économique et culturel africain s’est amélioré et aujourd’hui (encore plus qu’hier) nous pouvons être fiers du continent auquel nous appartenons.

Bref, bonne lecture, voici le lien de l’article :http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_1963_num_2_1_945

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