#Chronique11 : Un 16 Décembre avec CAMAIR CO, l’étoile du Cameroun

Le 16 Décembre dernier à 5h30  remplie de joie  je me rendais à l’aéroport Roissy Charles de Gaule. Pourquoi 5H30 ? Uniquement car je prenais le vol de Camair co de 12H et avec cette compagnie, surtout en période de fêtes, j’ai appris qu’il fallait être prévenante. Je n’étais surtout pas d’humeur à me taper des délires du genre « désolé mademoiselle, mais il n y a plus de place, revenez demain ».


A mon arrivée à l’aéroport, il est 6h du matin. L’enregistrement est censé démarrer pour 8h mais il y a déjà une file de plus de 15 passagers. Qui sont-ils ? Des malchanceux de la veille, ils ont compris la leçon, cette fois ci ils sont plus qu’à l’heure. Je suis dès mon arrivée accueillie par des « peseurs » plutôt excités. Ils veulent tous peser et filmer mes bagages. Ils se hissent en experts des vols, des kilos, des enregistrements .. Bref, le coin Camair Co à Roissy n’est pas très différent de Nsimalen. Non  ! Nsimalen même ils sont un peu civilisés, pas différent de l’aéroport de Douala, c’est plus représentatif. Pourquoi ? Parce que oui, à 6h déjà, des personnes ont les valises grandes ouvertes, les culottes à la vue de tous, les blocs de foie gras par terre et les dernières tendances qui se battent pour se faire une place dans une valise dont la fermeture va finir par exploser.

Je remarque très vite un groupe de passagers hors du commun. Celui ci est composé : d’une dame dont l’habillement fait penser à celui d’un travesti raté, une autre dont le décapage a violemment raté lui laissant trois couleurs différentes de la tête aux orteils, un jeune homme dont la démarche et le déhanché ne sont même pas comparables à ceux de Béyoncé et une jeune fille qui doit avoir sacrifié trois mois de sa vie pour se procurer sa brésilienne taille 30 pouces. Enfin bref, ce groupe là fait beaucoup de bruit, rigole, se balade à travers l’espace, fait beaucoup de gestes mais pas autant que de grimaces, vraiment tout pour se faire remarquer.

C’est sans trop d’encombres que j’arrive à m’enregistrer. Bagages passés en mode « prioritaire ». Eh oui, c’est le moment où tu remercie Dieu de te faire voyager avec un oncle bien connecté où il faut et quand il faut ! C’est aussi sans trop d’encombres que je me rend payer le bagage supplémentaire rempli de foi gras, saumon, crème fraiche et autre commandes par ma très chère maman. Vous savez les commandes que j’avais abordé dans mon billet sur la préparation du voyage par un mbenguiste, je n’ai pas échappé à la règle !


Il est 9h00, je n’ai donc plus rien à faire. Je suis installée en compagnie de deux copines à la petite cafétaria en face du lieu d’enregistrement Camair Co. C’est la période des vacances de Noel donc bien évidement nous reconnaissons pas mal de personnes parmi les passagers. Pour passer le temps et remplir nos ventres on ne peut plus vides, mon super tonton nous a pris : chocolat chaud, jus d’oranges pressées, croissants, pain, bref le bon petit déjeuner pour remettre les idées en place. Je lâche une seconde des yeux mon super petit déjeuner et  qui passe non loin de nous en direction de l’enregistrement ? La « go » du poisson fumé : Lady Ponce. Sans même réfléchir, les deux Sabrina et moi même nous nous empressons d’aller lui demander une photo. Ravie, je la poste sur instagram avec comme légende : « Je voyage avec les stars ».

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Avec Lady Ponce, artiste de Bikutsi camerounaise

A peine la publication faite, que je vois également passer les X-Maleya. Et là je me dis entre Lady Ponce, le groupe de farfelus de la matinée et les X-Maleya ce vol promet d’être plutôt intéressant.

Il est l’heure d’aller embarquer, petit arrêt au point relais avant de se rendre dans l’avion. Je suis à la recherche d’un livre pour ma mère, un cadeau de Noel de dernière minute, mais Zut ! Je ne le trouve pas. Je vous passe les détails du contrôle sécurité, venons en à mon voyage en lui même.

Auguste (membre X-Maleya), Sabrina (marque FrenchKind) et moi
Auguste (membre X-Maleya), Sabrina (marque FrenchKind) et moi

Installée dans l’étoile du Cameroun, je jette alors un oeil à ma droite, et j’aperçois un visage qui m’est familier. Dans ma tête je me dis « mais je le connais ce mec », qui est-ce ? Mais oui, ce n’est nul autre que Auguste, l’un des membres du groupe X-Maleya que désormais seul le petit couloir entre les rangées sépare de moi. Je suis toute Happy intérieurement, vraiment très sympa voyager à côté d’une star.  Il est vrai que dans ma tête je me suis dit, mais pourquoi se retrouve t-il au « chabat » comme moi ? Mais bon, sans importance. Je comptais bien profiter pour gratter quelques informations sur lui et la troupe.

Le voyage démarre avec une distribution d’écouteurs. Mais bon, écouter la radio ou je ne sais quoi, cela ne m’intéresse pas. L’Etoile du Cameroun devrait plutôt essayer d’investir dans des minis télévisions. Parce que oui, 6h c’est long et à défaut d’être assise à côté d’Auguste pour s’occuper, cela doit être beaucoup moins fun quand on est à côté d’une mater camerounaise moraliste qui déjà te livre sa vision de la jeunesse actuelle bourrée de stéréotypes, boit beaucoup trop de vin rouge au repas mais aussi fini par pourrir ton voyage en ronflant sur ton épaule. A cela s’ajoute l’absence de sourire et l’air désagréable des 3/4 du personnel de vol. Encore heureux, les éclats de rires et les discussions des autres passagers aident à supporter le poids du voyage. En ce qui concerne le menu, plutôt varié : poisson, poulet, boeuf. Et pour une adepte de AIR FRANCE j’ai été plutôt bluffée par la qualité de la nourriture. Car oui, se procurer un repas bien assaisonné en avion c’est comme espérer trouver une aiguille dans une motte de foin. Et les boissons, n’en parlons même pas. L’extase totale ! Avant même l’arrivée, pouvoir se régaler avec du Top Ananas, Pamplemousse, du DJino mais par contre pas de Fanta (ouais grosse erreur), cela n’a pas de prix.

Vue d'ensemble sur le repas servi à bord.
Vue d’ensemble sur le repas servi à bord.
Un chariot Air France dans un avion Camair Co ? Respectons nous un peu svp...
Un chariot Air France dans un avion Camair Co ? Respectons nous un peu svp…

Le petit sourire du voyage sera également le chariot de la marque Air France poussé par l’hôtesse dans le vol pour faire le service. Essayons de nous procurer (quand même) notre propre matériel, je suis certaine que cela ne nous fera pas de mal.

Venons-en à Auguste. Car oui, je ne pouvais pas être assise tout au long d’un voyage à côté d’une telle star et ne pas essayer de soutirer quelques informations. Tout d’abord je vous l’avoue au début c’était marrant et flatteur, mais les gamins qui te bousculent en plein sommeil car il veulent prendre appui pour une photo avec la star, c’est légèrement … comment dire … « SOULANT ».  Je pense que je n’étais d’ailleurs pas la seule à être sur la longue agacée par la situation. Auguste me confie entre deux poses photos « la vie de star c’est difficile. On fait tout pour être connu, mais une fois que c’est le cas on a qu’une seule envie : se cacher pour être tranquille ».  Je pense que c’est sur cela que notre conversation a réellement débutée. Accompagnée de mon amie Sabrina, membre de la marque FrenchKind nous avons débuté une longue conversation de presque trois heures avec notre ami la star.

Tout d’abord, l’intéressé n’a pas manqué de s’offusquer sur la concurrence entre les artistes camerounais et les artistes nigérians. Mais surtout selon lui la préférence des camerounais pour les artistes étrangers. Il ajoute que les camerounais auraient tendance à négliger voir minimiser le talent de leurs stars locales. Encore plus, il considère que les camerounais, ne prennent pas assez en compte les contraintes de la vie de star. Sous prétexte d’être une star locale, il faudrait se plier à leur désir. Cela m’a rappelé un débat que nous avions eu dans le cadre d’un #YCKLab sur l’industrie musicale au Cameroun. Il dénonce un manque de tolérance et de soutien de la part de ses frères et soeurs qui selon lui sont beaucoup trop aveuglés par ce que font les autres. A cela je dirais juste, mon cher Auguste, on va se calmer (même deux secondes). On vous aime, vous chantez bien mais  on a le droit d’apprécier ce qui se fait ailleurs aussi. Et de plus, si on est aussi critique avec vous, c’est parce qu’on tient à vous (les artistes camerounais). Ce n’est pas moi qui l’est inventée cette phrase : qui aime bien, châtie bien ! Elle prend ici selon moi tout son sens.

Deuxième grand sujet de la conversation, la présence de « LA MORT » sur les vêtements de la marque FrenchKind. Auguste semblait plutôt intrigué par cela car selon lui cela relèverait d’une sorte de cynisme, d’un air de provocation.  A cette remarque, la représentante de la marque présente a su bien se défendre. On en retient deux choses : porter la mort c’est aussi symbole de vie. Savoir banaliser la chose, pour montrer une philosophie de vie au sein de laquelle on vit chaque jour comme le dernier. En effet, portée par des personnes pleine de vie, la mort sera ici dénaturée et perdra son côté obscur. Porter « La Mort » de FrenchKind c’est donc « La Mort » comme l’expression le laisse entendre. Un Auguste convaincu ? Pas forcément, mais informé oui. Le message est passé, c’est l’essentiel.

Dernier sujet assez intéressant également dans notre conversation, la religion. En effet, très croyant et pratiquant, Auguste nous a montré quelle importance la lecture chrétienne pouvait avoir dans nos vies. Au delà du côté religieux, on retrouve en effet dans les lectures spirituelles de nombreux enseignements sur la vie, qu’il a dit prendre en considération au quotidien.

Nous aurions pu discuter encore des heures, mais le moment de l’atterrissage était arrivé. J’en ressort quand même assez conte-nte d’avoir rencontré une personne simple et ouverte qui ne se laisse pas envahir par succès et qui représente dignement son pays à l’étranger.

Une fois l’atterrissage effectué, les applaudissements des voyageurs ont pu précéder au mot de bienvenue à Yaoundé, aéroport international de Nsimalen. L’annonce de la température au sol, la désorganisation déjà palpable et l’excitation de tous ont conclu ce voyage à la fois épuisant et stimulant.

Bonne année à tous. Mes meilleurs voeux.

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