Confessions d’une fille actuelle (10)

Bon je sais qu’on s’est séparés sur une note plutôt misérable. Moi dans une position des plus inconfortables en ce lundi matin brumeux. Mais laissez moi vous rassurer, je suis de retour pour ce round 2 tant attendu.

Je re franchis la barrière de sécurité au rez-de-chausser de l’immeuble de la compagnie, l’agent de sécurité en charge de la fouille ne semble pas me reconnaître. Dans ses yeux , de l’émerveillement ou tout autre ressenti qui s’en approche du moins , il ose à peine me toucher, on dirait qu’il a vu un ange. Et pour cause, ça m’a coûté toute mon heure de pause déjeuner mais je l’ai fait, je suis revenue au mieux de ma forme . J’ai revêtu le tailleur le plus joli que ma mère avait pris le soin d’insérer dans ma garde robe il y a un mois de cela. J’en tairais la marque, je ne suis pas de ce genre (CHaneL!). Je m’étais soigneusement recoiffée, plus question d’arborer un large sourire avec une espèce de chignon de secrétaire en pleine dépression. Mes longues mèches brunes étaient lisses comme la jupe en lin qui me moulait violemment le corps. J’avais opté pour un maquillage bien dosé avec un rouge à lèvres plus que provocateur. Ignorant la température ambiante, j’avais pris sur moi de mettre un léger trench coat qui allait sublimer ma tenue. J’étais donc belle en sortant de chez moi . Oui je l’affirme, ne le prenez pas pour un manque d’humilité, mais j’avais particulièrement confiance en moi à ce moment là.
Le contrôle de sécurité passé, je m’avançai à pas lents vers l’ascenseur, répandant derrière moi la délicate fragrance culte qui allait de paire avec mon vêtement. Je suis légèrement en retard oui, mais je savoure les regards le long de ma route et surtout je travaille ma démarche. Les portes de l’ascenseur se referment; à l’intérieur , 3 hommes mûrs , la trentaine passée. Ils me réaffirment par leur façon de me regarder que j’ai fait du bon boulot. Je ricane intérieurement. Je m’installe à mon bureau rapidement en sortant de là, déjà une pile de dossiers y est placée avec un post-it Rose collé dessus

à refaire

Ouais faut dire que je l’ai bien cherché aussi . Le travail que j’ai remis ce matin n’était pas terrible. Je m’y attèle donc avec un peu plus de sérieux tout en guettant au passage le passage de James ou de sa sublime créature.

15 H 23
J’ai fini . J’ai un sentiment de devoir accompli. Mais je n’ai toujours pas croisé James et ça me crispe. Autour de moi tout est calme; la blonde siliconee n’est pas à son poste , elle ne me manque pas mais bon j’ai besoin de compagnie. Je décide donc de m’aventurer aux étages supérieurs . Je prends avec moi un dossier sous le bras pour avoir l’air de faire vraiment quelque chose. Mes escarpins me conduisent au service marketing, vaste étage où s’empilent plusieurs bureaux. Il est très bruyant et peuplé en majorité de beaux gosses blonds. Tout naturellement je décide de m’y attarder. Je fais la connaissance de Nathan, un sympathique agent commercial au costume parfaitement coupé. Il parle très rapidement, mon oreille bourdonne un peu mais bon il sent bon. Il me fait faire le tour du service. Je rencontre Claire, une jolie anarchiste Martiniquaise , Estelle son amie super rigolote et adepte de mini shorts, Sean , Johan et Mike, les potes de Nathan, passionnés de football. On discute un moment, le ton est léger, l’ambiance, conviviale. Mais bientôt je dois retourner à mon poste. Je traine les pieds jusqu’aux portes de l’ascenseur qui s’ouvrent lentement. Entre les 4 murs de métal , une vision d’horreur: La sublime créature qui chuchote à l’oreille de James. Ses longs ongles parfaitement manucurés tiennent fermement le menton du jeune homme. Je suis prise d’un violent sentiment de jalousie, presque incontrôlable. Mais avant que je ne puisse m’exprimer elle pose son regard fardé sur moi. Elle a l’air de me jauger, elle finit par lâcher:

Mais qui êtes vous donc?

Ma bouche s’assèche. Elle me regarde toujours fixement. Je ne dis mot, James non plus.Il y a quelque chose qui me gêne dans la façon dont ils se tiennent près l’un de l’autre; j’essaie néanmoins de garder mon sang froid et alors, machinalement, comme une automate je tire lentement sur le badge qui se dandine entre mes seins . « StAgiaire »y est inscrit . Elle y jette un coup d’oeil mauvais et son visage se tord presque instantanément en un rictus méprisant.

ah je vois, vous devriez retourner travailler donc.

Je la dévisage. Son visage est toujours aussi beau. Ça me crispe. Je monte à bord de l’ascenseur et leur tourne le dos. Là James a la bonne idée de venir me chuchoter à l’oreille

Ce n’est pas ce que tu crois

Bah voyons! J’ai des envies de meurtre. Il me prend vraiment pour la dernière des idiotes je crois. Je tape du pied, impatiente de m’extirper de là. J ´ai été idiote de croire que j’allais revenir à la charge et gagner. D’ailleurs gagner quoi? un homme marié? je fulmine.
Les portes s’ouvrent enfin et je m’élance, agacée. James me retient de sa main libre, l’autre étant autour des reins de la rousse. Je le toise et retire ses phalanges audacieuses de mon avant bras. Je disparais alors à pas rapides de son champs de vision, verte de rage. Pourquoi ce genre de choses m’arrive toujours à moi? je trouve l’homme parfait et il est marié. Le salaud me l’a caché bien évidemment. Espérait il que je sois sa maitresse? moi? la vie est tellement une ****
Machinalement je sors mon portable et compose le numéro de mon ami de toujours:

Salut Zack, tes ou?

La suite au prochain post 😉

leave a com …… twitter: alice_oyono

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