Ce que m’inspire Franko en quelques mots (ou plus)

Le 12 Novembre 2015 restera forcément gravé dans la mémoire de quelqu’un, celle de l’artiste camerounais Franko. En effet, ce jour qui pourrait paraître banal ne l’est pas vraiment, aujourd’hui il vient de toucher la barre des 3 millions de vues sur YouTube. Pour des personnes vivant à l’étranger, cela peut sembler « ridicule », mais pour lui mais je dirais surtout pour moi, c’est plus que des chiffres : c’est une victoire.

Oui, une victoire ! De qui ? De Franko bien sûre mais pas que…

C’est tout un mouvement, des professions et une génération qui sont aujourd’hui célébrés. Laissez moi vous expliquer pas à pas pourquoi.

1. Un mouvement :

Il y a moins d’un an, je signais mon retour sur Twitter. En effet, j’avais eu un compte avant, mais celui ci ne me servait que de journal intime et lieu de règlements de comptes. Avec le temps, je m’étais rendue compte que je n’étais pas assez mature pour ce réseau social. J’avais donc décidé de le fermer. Mais, les études m’ont poussé à en ouvrir un à nouveau. Du journalisme à la communication en passant par la stratégie d’entreprise, j’ai vite compris que le monde 2.0 était non pas indispensable mais essentiel. Je devais apprendre à combiner avec et en tirer profit du point de vue intellectuel, relationnel et professionnel.
A mon retour sur le réseau, ce qui m’a le plus marqué je pense c’est la vitesse avec laquelle se diffusait l’information et la quantité de choses que l’on pouvait apprendre. C’est sur Twitter que je noue alors mes premiers liens avec ce que l’on appelle vulgairement la culture urbaine camerounaise. J’ai toujours été quelqu’un de très franco – française et mes goûts musicaux oscillaient entre des veilles  chansons françaises et de la musique commerciale poubelle venue des USA. J’ai commencé à m’ouvrir au monde sur ce réseau. Ce que j’en ai appris et découvert (de la musique urbaine) m’a à la fois séduit et intéressé. J’ai aussi appris au gré de quelques tweet par ci, par là, mais aussi à travers des lectures d’articles ou analyse que cette même culture ou disons musique urbaine pour être plus précise, avait du mal à trouver sa place que ce soit au niveau national et international. J’ai d’ailleurs eu à la fois l’honneur et le plaisir de conduire un débat du YCKLab une émission que j’avais lancé via les réseaux sociaux à ce sujet.
A travers cette approche personnelle des réseaux sociaux (qui sont d’ailleurs pris avec beaucoup de pincettes dans la façon de penser au Cameroun en général) et cette musique urbaine qui semblait timidement trouver sa place, je vois Franko comme une victoire. Oui, la victoire d’un mouvement urbain qui sait désormais quelles sont les armes qu’il doit utiliser pour faire sortir de l’ombre son style et s’imposer à tous. 

2. Des professions :

Communicateur, Marketteur, Community Manager, chargé de RP, Manager, … & j’en passe. Oui, toutes ces professions qui autrefois nous valait un « tu vas où avec les choses des blancs là » par nos parents ou encore qui étaient associées par la société (camerounaise) comme un simple passe temps, tendent à devenir des bases et des nécessités. C’est une réelle victoire que de pouvoir montrer aux autres artistes qu’il est bon de s’entourer d’une équipe dont l’humilité, la patience, la rigueur, le travail, le professionlisme et les compétences sont les principales caractéristiques. Cela semble évident sur le papier, mais quand on jete un oeil à la soupe populaire que l’on nous sert en dedans ou en dehors des médias de manière continue dans le milieu artistique camerounais, on peut se dire qu’on a fait un grand pas. L’idée maintenant est de savoir saisir sa chance et être volontaire pour que de nos compétences émanent des succès.

3. Une génération :

Ces jeunes dont on parle partout, vous voulez savoir ce dont ils sont capables quand ils se mettent ensemble et font converger leurs compétences, regardez donc le résultat avec Franko. Dans une société où on assiste à un culte de la vieillesse comme preuve de compétence et où  on donne raison à des milliers d’experts qui ne le sont souvent que sur le papier, les actes ont bien fait d’enfin parler. Ils sont là les jeunes, ils aiment les choses bien faites, le font avec passion et quand on ne les étouffe pas ils le font bien. Tellement bien que même des préfets en parlent. Dans un pays où l’administration a une valeur si grande, le fait que ce préfet est posé les yeux sur cette chanson est même presque une victoire. Car oui, elle est symbole d’une synergie d’un peuple autour d’un de ces artistes. Et tout cela grâce à qui ? A des jeunes ! Du chanteur au manager en passant par le designer le sang frais qui déborde de ce projet fait chaud au coeur. Une inspiration inébranlable quelque soit le domaine dans lequel on évolue.

Je ne sais pas s’il savait qu’il aurait fait naître en des gens comme moi ce tel sentiment de fierté, mais aujourd’hui « le cas Franko » me fait plus que danser, il me fait rêver.

Merci !

Gaëlle Onana

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