« Mbeng c’est le ndem »

Le 1er Décembre dernier, j’ai porté courageusement mes deux valises en direction du pays de Molière : La France. Ce pays dans lequel j’ai vu le jour et que j’avais décidé de quitter il y a quelques mois. La raison de mon retour : ma remise de diplôme. Il m’était déjà arrivé au cours de mes études de quitter ce beau pays plusieurs mois notamment pour des vacances. Mais, là c’est quelque peu différent. Je ne me rendais pas compte à quel point j’avais pris gout à la « vie au pays ». Le choc a donc été brutal. Et je me suis rendue compte que, la France ne m’a pas beaucoup manqué. Laissez-moi vous expliquer pourquoi !


 

Dure la vie en classe éco !

C’est à 17 heures que mon vol a atterri le 1er Décembre dernier au sein de l’aéroport international Roissy Charles de Gaule. J’avais pris la peine de consulter la météo au préalable. J’avais lu que le thermomètre afficherait 15 degrés à mon arrivée. Dans ma tête je me suis dit « chillax ». Naturellement, après avoir passé 4 ans de ma vie étudiante au sein la ville pas très chaude de Lille, une température pareille était pour moi assimilée à un 30 degré. Du moins, ça c’était le cas quand j’étais étudiante sur place. Mais je n’ai pas pris le soin avant de décoller de prendre en compte l’état actuel de mon corps. Un corps qui désormais était en pleine détresse climatique dès que l’on descendait en dessous de 25 degrés : non ce ne sont pas des caprices, juste l’état d’esprit d’une fille des tropiques. Enfin bref, tout cela pour vous dire que je me suis pelée le popotin à mon arrivée et bien comme il faut.

C’est donc presque gelée que je tentais de m’orienter dans cet immense aéroport qui a lui seul constitue 4 fois la surface de  Nsimalen et 4 fois l’aéroport de Douala, voir même plus.

Trop grand, trop tout, j’étais déjà agacée. Le regard interrogateur et insistant du policier essayant de décortiquer si c’est bien moi la fille super moche en photo sur mon passeport, très embêtant aussi quand on pense au laxisme avec lequel le poste de frontières camerounais fonctionne. Là au moins, personne ne m’a pris la tête à cause d’un super méga carnet jaune seule préoccupation du poste de frontières camerounais à ton arrivée dans le pays (oui la santé c’est important chez nous, surtout quand tu n’as pas ton carnet. Au moins, la sympathique dame aux allures d’infirmières pourra te soutirer ton petit 20 euros voir plus dès ton arrivée, mouais le pays quoi !).

Un aperçu d’une de mes valises pleine de nourriture

Limite survivante de ces multiples contrôles dont je ne peux contester l’utilité, il était venu l’heure d’affronter la dure réalité des bagages. Je me trimballais déjà un bagage à main, une sacoche avec mon ordinateur et mon sac à main. Je devais maintenant réceptionner mes deux grosses valises remplies de nourritures venues du pays. Parmi les deux supers valises, une était en bonne santé tandis que l’autre était plus qu’en fin de vie. Elle payait le poids de ses multiples voyages et de ses tortures incessantes par le personnel de l’aéroport de Nsimalen. La pauvre ! Par solidarité et reconnaissance je me devais quand même de lui offrir ce dernier voyage afin qu’elle puisse finir sa vie dans une poubelle de mbeng (largement plus gratifiant que de finir à Hysacam sur la route de Soa).

Dans le CDGVal entrain de changer de terminal pour aller prendre mon train

Mon voyage avait été on ne peut plus long. Déjà que 6000 kilomètres c’est loin, mais avec Turkish Airlines, aller en France en partant du Cameroun relève d’un courage absolu. Pour faire court, j’avais effectué : Yaoundé-Douala ; Douala – Istanbul ; Instanbul – Paris. Ce super périple limite interminable m’avait valu un trajet long de 15 heures contre 5h30/6h avec une compagnie sans escale. J’étais lessivée et agacée. Mais, je devais encore me débrouiller à trimballer mes 3 valises et deux sacs jusqu’à la gare SNCF se trouvant dans l’enceinte de l’aéroport. Vu comme ça, rien de plus simple. Il suffit de poser ses valises sur un chariot et marcher jusqu’au lieu. Mais bon, pourquoi faire simple quand on veut faire compliqué ? Afin d’accéder au train qui transporte les voyageurs d’un Terminal à l’autre, il est impossible d’y parvenir avec son chariot. Il faut donc et à plusieurs reprises dans ce trajet, devoir déposer son chariot et transporter ses bagages à la main. J’ai perdu beaucoup d’eau de mon corps dans ce sport, j’ai aussi perdu 4 ongles que je venais tout juste de mettre avant mon départ. Tout cela sans oublier l’indifférence avec laquelle les autres observaient ma détresse et ma difficulté à me déplacer. Je n’en dirais pas plus. Vous savez, ressasser les mauvais souvenirs cela n’est pas bien du tout pour la conscience. Béni soit les agents aéroportuaires camerounais en charge de pousser et porter les bagages des passagers. Un service utile qu’il vaudrait mieux développer dans ce pays de Molière. Après on se plaint du chômage, il suffit d’avoir un peu d’imagination (ne vous inquiétez pas j’en parlerais au flambi de l’Elysée, je suis sûre que l’idée lui plaira).

Le périple ne s’est pas arrêté là. Une fois sur le quai, il fallait essayer de faire monter dans le train tous les bagages et trouver sa place. Fallait trouver une place avec une prise aussi parce que bien évidemment je n’avais plus du tout de batterie après 15 longues heures de vol et il me fallait absolument trouver un moyen pour discuter avec mon chéri. Quelle histoire vraiment !

Je réalise qu’il n’y a qu’en France que ce genre de galères arrivent.

Au Cameroun, on a un certain confort de vie qui est plus que louable. Je me demande même comment j’ai fait pour tenir et avoir le moral aussi longtemps dans ce pays. Un pays sans aucune chaleur humaine, les individus sont tous froids et indifférents. Il ne fait pas du tout bon vivre en France. Les citoyens se renferment sur eux mêmes et dans leurs problèmes et tout cela a un gros impact sur la gestion de la cité. J’aurais bien pris un peu de temps pour parler du sentiment de dégout et de mépris que j’éprouve face à l’hypocrisie générale qui plane en France suite à la percée du Front national aux régionales, mais je pense que cela fera l’objet d’un prochain article. Je me laisse encore le temps d’observer les balivernes du système politique jusqu’au vote du deuxième tour dimanche prochain. Une chose est certaine, cette belle démocratie comme la France se qualifie elle-même, n’a rien a reproché aux systèmes dictatoriaux africains. C’est la même mascarade mais sous une forme encore plus malsaine car déguisée.

Je finirais tout de même sur une note positive en précisant que mon séjour est merveilleux car j’ai l’occasion de passer du temps avec ma famille et de revoir mes ami(e )s. Je peux aussi aller flâner dans les magasins et commander tout plein de supers articles sur internet. En somme, la France c’est bien pour les vacances, un petit séjour. Mais d’une manière générale, on est beaucoup mieux en Afrique car au moins là-bas, on sait apprécier la vie et la vivre sans trop se prendre la tête.

Vivez un peu. Ne faites pas que respirer mais sachez profiter réellement de l’air que vous inhalez, vous verrez, lavie vaut la peine d’être vécu avec le sourire.

 

 

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