Regards croisés : Être la titulaire, est-ce vraiment suffisant ?

Aujourd’hui, nous avons décidé de partager avec vous un regard croisé sur un sujet épineux. Vous avez surement entendu parler du terme « titulaire » dans les relations de couple. Alice et Gaëlle, vous donnent leur avis sur ce phénomène. Laissez vous porter par leurs réponses et n’hésitez-pas à nous donner vos impressions en commentaires ou sur Twitter avec Hashtag #NosPetitsDebats.


Quelle est la définition que l’on peut donner au terme de « titulaire » ?

Alice : Il s’agit de la petite amie en chef, celle qui est reconnue et connue de tous( parents, amis, connaissances…) ,celle qui détient les clés du cœur de Jules et qui a sa place « cimentée » à ses cotés contre vents et marrées. La titulaire est généralement celle qui présente le mieux , a une meilleure moralité ou un meilleur « pédigrée » ou alors celle qui le plus d’années au compteur de la relation.

Gaëlle : Je pense que le terme de titulaire est un délire purement camerounais. Il ne me semble pas déjà avoir entendu cela autre part qu’au Cameroun. En terme de définition, il s’agit tout simplement de la copine/femme « principale ». Je m’explique … L’emploi même de ce terme signifie que l’on vit dans une société au sein de laquelle, il est totalement normal pour un homme d’avoir plusieurs compagnes. Ces différentes compagnes sont classées en fonction de leur importance, de leur catégorie. La catégorie « titulaire » est la plus importante d’entre elle. Elle représente la compagne qui est censée être au-dessus des autres, la compagne officielle. Vous savez celle que l’on amène dans les fêtes de famille et que l’on présente à ses parents. Pour certains aussi, celle que l’on expose le plus sur internet (en général pour la rassurer ou lui faire plaisir). En gros la titulaire c’est la cocu qui accepte consciemment de se faire cocufier tout simplement car selon elle, elle est supérieure aux autres filles avec qui son compagnon entretient des relations diverses et variées.

Cette situation a-t-elle sa place dans une relation durable ?

Gaëlle : Ça dépend pour qui ! Si l’on part du postulat que tous les hommes trompent leur femme, accepter d’être la titulaire et profiter des avantages de ce statut devient comme « la seule solution » (si l’on enlève celle de finir seule). En réalité, c’est l’état d’esprit d’une relation durable, vu que le couple n’a jamais de problème d’infidélité vu qu’elle n’est pas considérée comme telle. Après le vrai questionnement est sur le type de relation. Personnellement, est-ce réellement nécessaire de se sentir diminuer et de se rabaisser autant pour le simple fait que l’on aimerait ne pas finir seule ? A chacun sa vie. Mais selon moi, ce n’est pas forcément la chose la plus saine.

Alice : Euh…laissez-moi NE PAS réfléchir…NON absolument pas. Je ne vois pas où on croit aller avec son Jules en tolérant qu’il ait des aventures à gauche à droite ; Est-ce un échauffement pour le mariage afin que Jules soit un infidèle entrainé et patenté ? Je ne sais pas quelle sécurité les filles pensent tirer de ce statut mais de mon point de vue il n’y en a aucune.

Pardonner à un petit ami qui vous a trompé veut-il dire que vous acceptez le statut de titulaire ?

Alice : Je ne crois pas non. Si vous avez trouvé la force de pardonner la trahison de votre Jules et de le laisser revenir dans votre vie, j’ose croire que c’était pour recommencer sur de nouvelles bases. Votre confiance en lui en a certainement pris un coup, mais vous avez décidé de lui donner une deuxième chance, ce qui veut dire que cette fois ci il doit faire les choses bien en commençant par stopper ses infidélités. On dit que l’amour pardonne tout, mais si Jules nous promets de rester fidèle et qu’il ne tient pas ses engagements par la suite, ce sera une déception de plus quand on l’apprendra. Dans ce cas, rester à ses côtés tout en sachant que vous n’êtes plus la seule c’est effectivement embrasser pleinement son rôle de titulaire; par contre si vous n’êtes jamais au courant de ses magouilles, vous ne pouvez pas vous appeler vous-même « titulaire » , cela va de soi.

Gaëlle : Je pense que le concept de titulaire doit d’abord être revendiqué et assumé par la personne elle-même. Il ne s’agit pas simplement de pardonner une, deux ou trois tromperies. Il existe plusieurs types de filles : les naïves beaucoup trop amoureuses qui ont mal à chaque fois qu’on les trompe mais qui espère en secret que leur compagnon finira par changer : ce ne sont pas des titulaires là-bas. La deuxième catégorie se sont des filles conscientes qu’elles se font tromper mais qui finissent par accepter la situation, à s’en foutre et à rentrer sans une guerre avec leurs rivales en se revendiquant comme titulaire. C’est de ce genre de filles qu’il s’agit en réalité. Du moins selon moi. Après il existe des filles un peu bizarres (je dirais que j’en fais partie) qui sont un mélange des deux.

Dans quelle situation est-il acceptable de se conforter à la place de titulaire ?

Alice : Je vous dirais aucune hein, je pense que vous valez mieux que ça. Maintenant de ce que j’ai pu observer autour de moi, certaines sont effectivement à l’aise en sachant qu’elles sont « la titulaire ». La plupart est aussi infidèle que leur compagnon, et donc ne prend plus trop à cœur certaines choses ; d’autres bénéficient d’un statut social qui leur convient, d’avantages en nature qui comblent la faute (Argent, Réputation, Cadeaux…), d’autres sont dans une relation à distance donc comprennent que vu leur absence physique, leur chéri regarde ailleurs… et puis il y a les maitresses qui ont détrôné les anciennes titulaires et qui doivent comprendre que maintenant c’est à leur tour… Mais quelle jungle ! Et puis il y a celles qui sont là depuis si longtemps, elles connaissent leur Jules depuis toujours, elles ne se voient pas aller ailleurs et savent qu’après tous ces petits tours dehors, il finira par rentrer auprès d’elles, ils leur ont promis de les épouser alors à quoi bon se prendre la tête ? Il fait si chaud dehors, pourquoi en rajouter ?

Qu’est-ce qui pousse les jeunes filles à adopter ce mode de pensée ?

Gaëlle : Je ne saurais pas trop dire. Mais, je pense que l’égo que possède chaque femme (du moins la plupart) s’est transformé ces dernières années. La chose la plus logique serait de se dire « Je n’ai rien à faire avec lui vu qu’il ne me respecte pas ». Mais les filles prennent le problème à l’envers et se disent « Cette fille elle pense qu’elle est qui devant moi ? Je vais lui prouver qu’elle ne peut pas prendre mon gars ». ERREUR ! Le problème ce n’est pas la fille, c’est votre compagnon. Ou encore mieux, c’est vous. C’est vous car vous êtes (sans vouloir vexer certaines) assez connes pour penser le problème dans le mauvais sens. Ce n’est PAS gratifiant d’être la titulaire. C’est gratifiant d’être la seule.

Alice : Sentiment de défaitisme aggravé, Relativisme exagéré et faible estime de soi. Défaitisme aggravé ? A quoi bon ? De toute façon les hommes sont tous comme ça ! Ils font tout ça ! ça ne sert à rien, même les ainées nous l’ont dit : « Les hommes c’est tous des salauds, il suffit de trouver le salaud qui te correspond et tu restes tranquille ». On ne veut pas passer pour des naïves, on ne veut pas tomber des nues encore une fois donc on préfère fermer les yeux. Mais dites-moi, en partant perdantes dès le départ, quelles chances on se donne à nous même ? à notre relation ? à Jules lui-même d’essayer ?
Relativisme exagéré ? Ce n’est pas grave, tant que c’est moi qu’il aime ça va. Il s’occupe bien de moi en tout cas. Il me parle de toutes ses conquêtes, elles sont stupides et ne m’arrivent pas à la cheville. Ce n’est pas grave je dis, de toute façon tout le monde sait que c’est Moi le Number 1. Affligeant n’est-ce pas ?
Faible estime de soi ? Manque d’amour propre, fierté au placard, ne pas savoir ce qu’on vaut réellement. Ne pas se dire qu’il y a mieux pour toi ailleurs, et que ce n’est pas la bonne façon de faire.

Quels sont les avantages à être la titulaire ?

Gaëlle : Je pense que cette question n’a qu’une réponse : AUCUN. Bon, soyons sympathiques si on est accro aux fêtes de familles, aux affichages sur internet ou encore au mensonge chronique, on aimera fortement ce statut. Mais si on cherche de l’amour pur et du respect, faut changer de métier ! Titulaire là, c’est pas fait pour toi ma sœur.

Alice : Je n’en connais aucun. Je n’en vois pas, je refuse de penser qu’il y en a.

Pourrais-tu être à l’aise dans cette situation ?

Alice : Non. Clairement pas. Dès le moment où nous sommes 3 (4,5,6…120) et que c’est un fait avéré, il n’y a plus de « Nous ». Maintenant encore faut-il le savoir…

Gaëlle : On n’est jamais à l’aise quand il s’agit de partager avec la mauvaise personne quelque chose qui nous est cher. Donc, non !

Faut-il selon toi accepter cette situation ?

Gaëlle : On ne devrait pas avoir à passer par là, mais cela peut arriver. Les destins sont individuels, certaines ont été patientes et leurs compagnons a fini par changer. Pour d’autres, elles sont restées dans ce statut toutes leurs vies. Pour d’autres encore, elles ont fini par tout plaquer et trouver l’amour. Et pour d’autres encore, elles sont toujours seules. Quel que soit la situation de chacune de nous, je n’ai aucun droit de juger. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mais, chacun fait son lit comme il se couche. Donc soyez prudentes et conscientes des choix que vous faites !

Alice : Non. Je ne vais pas biaiser ma réponse pour faire plaisir à quelqu’un, je ne vais pas tenir compte des circonstances, du temps que vous avez mis ensemble, de ce qu’il vous a promis, de si ses parents vous mangent dans la main, de ce que vos copines vous ont dit, ma réponse est non et elle est catégorique. Si vous êtes chrétien vous savez déjà que Dieu a prévu 1e aide semblable à l’homme et non 4…et si vous voulez rationnaliser, vous devriez savoir qu’en tant que femme vous valez mieux que ça, que ce n’est en rien une situation valorisante pour vous et que vous trouverez toujours mieux que d’être le 1er nom sur une liste. Vous n’êtes pas un bien, une voiture qu’on décide de conduire la semaine mais pas le weekend, vous êtes une créature précieuse aux yeux de votre créateur et votre bonheur ne se trouve surement pas au milieu d’un harem. Pour les plus pragmatiques et matures de toutes, qui connaissent les hommes mieux que leurs poches et savent pertinemment bien qu’ils sont tous des infidèles, dites-moi … Si vous avez déjà l’assurance que votre mari va vous tromper pendant vos 40 futures années de mariage, et que « c’est la vie », pourquoi diable commencer si tôt et si jeune à SUBIR cette vie avec les uns et les autres ? Vous prenez de l’élan ?
Je ne suis ni idéaliste, ni naïve, ni féministe, je suis juste une femme qui pense qu’on prend le contrôle de sa destinée et de sa vie ; on ne les subit pas.

 

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Un commentaire

  1. Compatriotes blogueuses, bonsoir
    Tout d’abord, wow ! Difficile d’entrer dans ce « petit débat » sans voir les préjugés féministes me guetter du coin de l’œil. Il parait que les hommes, mâles, sont des vicelards en puissance, manipulateur patenté, programmé génétiquement pour tromper leur partenaire. du moins, c’est ce que certains propos du genre opposé revendiquent fièrement. Il y a donc deux situations sous entendus :
    1 – Les femmes sont les victimes de l’opération de titularisation et devraient s’éloigner de ces hommes imparfaits qui refusent de la jouer deux places.
    2 – Les hommes sont d’irrémédiable salops qu’on doit dresser ou abandonner.

    Mon avis : je reprend la pub d’Always qui reproche la société de museler la femme à son adolescence. Moi je dis que cette opération de « muselage » ne fait pas que biaiser l’avis de la femme sur elle même, mais aussi son regard sur les mâles. Très peu d’entre elles imagine le petit frère en futur Don Juan irresponsable, voir leur père respectif.

    La notion de titulaire doit être aussi vieille que celle de dragueur/mougou. le sexisme est inhérent à notre éducation de base, la mondialisation nous a permit de réfléchir autrement mais dans les faits, les rapports humains sont imparfaits. le cœur est faible, la chair aussi. Je préférerai encore savoir ma partenaire fidèle par amour plutôt que par contrainte. C’est mon avis.

    SI on devait regarder d’un point de vue religieux, copiner n’est pas véritablement conseillé non plus. On rencontre quelqu’un, on s’engage à vie avec. On essai pas de profiter des avantages du mariages avant. Des le moment où l’on accepte de « tester » son ou sa partenaire dans un CDD renouvelé indéfiniment jusqu’au CDI (mariage), faut pas être surpris que ce concept très entreprise incorpore les secrétaires et autres titulaires et deuxième, et énièmes bureau.
    On continuant dans ce mode de pensée, on peut comprendre que des stagiaire pas vraiment prêt a s’engager avec l’esprit de l’entreprise aient tendance à lorgner du côté de la boite d’en face. Après tout, la concurrence a tendance à faire de meilleures tapisseries, répare les fuites et vous dit que vous avez perdu du poids, même quand vous avez forcé sur le chocolat. La chair est faible, le cœur aussi.

    Dans les faits, certaines personnes sont plus volage que d’autres. les croyances populaires désignent même certaines tribus plus « cuisses légères » que d’autres. Oui, c’est camerounais. Et on vit avec. De son côté, la culture Sawa dit qu’on ne peut pas compter le nombre d’enfant qu’a eu un homme. et que c’est de la richesse. On est loin des considérations très « européennes » ou madame confisque son gars. S’il est fécond, il doit dépanner la voisine.

    Donc entre l’adolescence, le manque de confiance en soi, l’immaturité et la peur de s’engager, sans parler de l’influence de l’environnement, faut pas être surpris que le concept de titularisation perdure.
    Un mec qui a une titulaire, c’est déjà un mec qui accepte de s’ enchainer à une autre. Ce n’est pas idéal, mais c’est parfois mieux que ce que la plupart des femmes n’auront jamais. A vous de corriger ses mœurs, ou lui offrir suffisamment de sécurité pour qu’il arrête de chasser dehors.

    De toute facon, Usher s’en fout. Il déclare ne pas vouloir se contenter d’une seule femme, et elles acceptent toutes.
    Timbaland a tendance à vouloir un peu plus, alors sa femme, un peu bi sur les bords exigent que ça se passe toujours à trois. Ils ont trouvé un compromis. Parce que chez un mec, on sait qu’en général, c’est purement physique et que ça ne va pas plus loin.

    Par contre, quand une femme guette ailleurs…

    je laisse les autres continuer.
    Cordialement,
    un geek célibataire, et désabusé

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