Confessions d’une fille actuelle(16)

20h15

Enfin nous sommes arrivés à ce gala bondé de personnalités toutes plus distinguées, élégantes et hautaines les unes que les autres ; Autant vous dire que je suis aussi à l’aise qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et quel magasin ! L’immense salle de banquet du 4 Seasons est somptueuse ! Des drapés aux tons pastel, des colonnes de marguerites interminables, des lustres suspendus dans les airs tels des petites planètes de diamant… Je fais des efforts pour paraître aussi blasée que James, mais sans grand succès. La marche vers notre table semble interminable, et pour cause, on virevolte à travers des douzaines de tables où James adresse un coup d’œil complice à tous leurs occupants, j’ai comme l’impression que toute la salle me dévisage. (S’il vous plait, le mode invisible, il est où le bouton ?).  Puis tout d’un coup, James me tient par la hanche, avec fermeté et tendresse en même temps, faisant presque disparaître tout le manque d’assurance qui m’envahissait, décidément il a  toujours le geste qu’il faut.

Enfin installés sur notre table, il me susurre :

-Typhanie ? Un peu de vin ?

Bien sûr, j’en ai clairement besoin la ! La bouteille entière !

-Juste un peu James, merci.

Mais bien sûr, je ne peux pas afficher mes désirs les plus pressants de la sorte !

-Ma belle, tu sais je tiens énormément à toi, et ça me fait vraiment plaisir que tu sois la avec moi, j’ai hâte que ma mère arrive.

Toute ma défense est neutralisée, plus le baiser d’il y a quelques minutes, je n’arrive plus à réfléchir. Que dois-je répondre ? Allez  Typhanie ressaisis-toi, ne lui rends pas la tâche si facile !

-Et tu lui diras quoi à ta mère ? Bonsoir maman, je te présente ma maîtresse ? Tu es tjrs marié James …

Ma réponse n’a pas l’air de lui plaire

-…

Pour une fois j’ai le dernier mot !

-Typhanie , tu pourras dire tout ce que tu veux , je ne suis pas prêt de te laisser m’échapper ! Tant que tu n’auras pas compris que je veux sincèrement être avec toi  je ne lâcherai rien … Je te l’ai dit, je ne partage plus rien avec elle, nos relations sont strictement professionnelles.

Mon cœur s’emplit de joie , une joie naïve ,une joie qui ne dure malheureusement pas car bien sûr , madame-je-suis-riche-et-je-suis-la-femme-de-James vient d’arriver . En plus d’être sa légitime compagne, elle est à tomber par terre. Et sa robe ? Sa robe  est juste magnifique ,d’un noir royal parsemé de motifs dorés , on ne voit plus qu’elle dans cette somptueuse salle dont la douce lumière des lustres, laisse paraître une démarche élégante et assurée ; la silhouette de rêve se rapproche de notre table. Oh misère !

-Bonsoir mon chéri

-Bonsoir Mary-Kay

J’ai la soudaine envie de me rouler en boule sous la table et de sucer mon pouce.

-Ce serait bien qu’on aille remercier nos partenaires pour leur présence, tu ne penses pas ?

Elle m’ignore copieusement, et elle a bien raison de le faire parce que de toute façon aucun son ne sortirait de ma bouche si elle m’adressait la parole.

-Typh, je reviens tout de suite.

James se lève et  elle lui prend la main, ils s’en vont. Formidable, ma soirée commence très bien. J’essaie de me convaincre moi-même :

« Ce sont des partenaires d’affaires, ce sont des partenaires d’affaires »

Je lance encore un coup d’œil à Barbie et Ken… Si complices, si beaux et parfaits ensemble… je vide mon verre de vin d’un coup.

« Partenaires d’affaires mon œil oui »

Mon téléphone sonne, me libérant de mes réflexions assombries par le contexte ; c’est Carla.

-Coucou ma crevette, alors ta soirée avec le beau gosse Alex ?

-Alors en quelques mots, James m’a eu comme d’habitude, j’ai laissé tomber Alex , résultat , je suis seule autour d’une table attendant mon *petit copain* et sa femme

-Ein ??

– Longue histoire

-Tu sais te fourrer dans des situations pas commodes toi. Tu me raconteras tout tout à l’heure, j’entre au ciné  avec Joey là. Courage Typh et n’oublies pas, un escarpin ça peut aussi être utilisé comme une arme dans une baston… je dis ça…

– T’es pas normale Carla. A plus, amusez-vous bien. Bisous.

-Bisouiiiillle.

A peine je raccroche que déjà je vois Mr & Mrs Smith revenir dans ma direction. Pitié qu’elle ne reste pas, pitié qu’elle ne reste pas…

-Bonsoir Typhanie

Elle prend place en face de moi.

-Bonsoir Madame

-Allez , appelle moi Mary-Kay , alors c’est toi la cause de mon divorce ?

Gênée. Je n’ose même pas répondre

-Mary arrête, rétorque sévèrement James

-Allons je plaisante, dit-elle en rigolant, quand tu reprendras tes esprits, je serai toujours là… Je n’ai aucune intention de divorcer mon cœur !

Si elle voulait me mettre encore plus mal à l’aise, c’est réussi . Alors que je ne suis vraiment plus d’humeur , la mère de James fait également son apparition; James se lève avec un grand sourire et la prend dans ses bras. Elle est encore plus belle que sur les photos présentes dans l’appartement de James. Grande et mince, le visage rieur, elle avait d’incroyables yeux bleus ; plus envoûtants encore que ceux de son fils. Dans son tailleur couleur chèvre, elle me faisait penser à ma propre mère.

-C’est elle ?

-Oui maman, réplique James, tout souriant

-Un peu plus jeune que ce que je pensais …

-Alors Maman, je te présente Typhanie ; Typhanie, je te présente ma mère

-Enchantée Typhanie, James m’a beaucoup parlé de vous

-Enchantée madame, j’espère qu’il n’a dit que des bonnes choses sur moi…

Elle sourit.

-Oh il n’a pas eu besoin ! Il a suffi qu’il me donne votre nom de famille. Votre mère est une bonne amie à moi Typhanie, on a été à l’Université ensemble figurez-vous…

Soudain cela me revient ! La dernière fois au dîner chez mon grand frère où James était présent, toute ma famille semblait le connaitre mais je n’ai jamais fait le rapprochement… Je jette un coup d’œil surpris à James qui a l’air de se retenir d’éclater de rire. Est-ce mon air étonné ou la mine blafarde de Mary Kay qui l’amuse ? je n’en sais rien.

-Allons mon enfant, vous pouvez respirer maintenant, je ne vais pas vous manger toute crue. Je sais que votre mère est une femme bien et comme on dit, la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre n’est-ce pas ?

Elle m’entraîne avec elle

-Allez venez avec moi qu’on discute un peu, Mary Kay risque de nous faire une syncope, je ne veux pas être là pour voir ça…

Je n’ai jamais été autant soulagée de ma vie, je me laisse entraîner par elle, ravie de la tournure des événements. James nous emboîte le pas un sourire triomphant aux lèvres. Je ne sais pas la tête que Mary Kay fait en ce moment, je suis bien trop occupée à défendre l’honneur de mes parents qui ont osé dédaigner l’invitation de ce soir auprès de l’organisatrice en chef. Elle ne semble pas facile à convaincre et mon « Ils sont en voyage au Brésil » ne semble pas suffire à dédouaner ma lignée ; James m’aide comme il peut entre deux ricanements, mais sa mère est tenace ! Elle m’informe que ma mère est une tête en l’air qui oublie toujours tout et qu’elle ne croit pas en mon histoire de Brésil. Je ne peux m’empêcher de rire à mon tour ! Ma soirée a pris un tournant des plus surprenants, meilleur que ce à quoi je m’attendais, et ce n’est pas pour me déplaire.

La suite au prochain post 🙂

(Ps: Cette chronique a été co-écrite par un de ses lecteurs @johan_Epee qui a su se mettre dans les bottes de Typhanie avec talent. Si vous vous sentez la passion d’écrire et l’envie de contribuer aux aventures de Typh, vous pouvez me contacter aussi 🙂 )

Twitter/ Facebook: alice_oyono

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s