« Ce sont les discussions des adultes, ce n’est pas pour les enfants »

« Ce sont les discussions des adultes, ce n’est pas pour les enfants ». Je pense ne pas être la seule à avoir entendu cette phrase pendant mon enfance. Il ne fallait pas intervenir dans les discussions des adultes, donner son avis pouvait paraitre impoli, on ne pouvait jamais comprendre, ça ne nous concernait pas nous les enfants, nous ne devions pas nous en mêler. Ces phrases je les ai entendu pour des innombrables sujets. Sauf que je pense qu’on a clairement oublié, à un moment donné, de nous faire un récap de ce qu’on ne pouvait pas savoir étant enfant mais qu’on devait savoir en devenant adulte. Ce post j’ai longuement réfléchis avant de l’écrire, car bizarrement je pense devoir l’écrire avec beaucoup de retenue, plus que d’habitude, car par rapport au sujet que je vais aborder, il y a un jardin secret que je ne veux pas dévoiler, n’étant pas encore moi même à l’aise avec. Dans tous les cas, très bonne lecture. 

nospetitscarnets.com


Je pense l’avoir déjà abordé ici, j’ai grandi dans une famille divorcée. Âgée aujourd’hui de 24 ans, les souvenirs les plus claires (que l’on ne m’a pas raconté) que j’ai de mon père et moi remontent à quand mes parents étaient déjà séparés. Petite, je ne saurais pas dire si j’en ai souffert car je ne côtoyais pratiquement que des enfants de divorcés également, par conséquent ce n’était pas un handicap de ne pas pouvoir avoir son papa à la maison car j’avais une maman, une très bonne maman et cela m’a toujours suffit. Et puis, j’avais un papa, qui certes n’habitait pas avec moi, mais m’appelait, entretenait une relation paternelle avec moi. La relation était elle idéale ? Suffisante ? Convenable ? Je ne pouvais pas juger vu que je n’avais connu que ça et puis vous savez, c’était des questionnements des adultes, ce n’était pas pour les enfants, je me contentais de ce que la vie voulait bien me donner.

Mais ça, c’était bien quand j’étais enfant, quand le fait de jouer dehors au « Ndochi Babouche » avec les enfants du quartier suffisait à rendre parfaite ma journée, quand c’était jouissif de jouer dans la cours sous la pluie, quand cela m’amusait de faire pleurer mon frère quand il me tapait. Mais, malheureusement, nous ne sommes pas éternellement enfant. Une fois ma bulle d’enfants divorcés éclatée, une fois arrivée au collège, les questions ont commencé à fuser. Si encore en 6ème et 5ème on découvre à peine que l’on sera bientôt une jeune femme/adolescente, qui aura du sang chaque mois dans sa culotte, à partir d’un certain âge les choses se corsent. En effet quand entre 13 et 14 ans, la puberté a pris le dessus sur l’enfant que nous étions et que nos petits citrons (seins) commencent à pointer le bout de leur nez, on commence à se poser des questions pas encore d’adultes certes, mais de grands enfants. Et là, la réponse « ce n’est pas pour les enfants » n’est malheureusement pas suffisante, car au collège, il arrive qu’on nous parle de choses d’adultes et que le fait de n’avoir aucune réponse, nous expose à nous forger une opinion erronée ou du moins une opinion contraire à celle que nos parents auraient voulu que l’on ait.

Oui, vous l’avez surement deviné ici je parle surtout des relations hommes / femmes (non pas sur le point de vue sexuel, mais relationnel). Car de ma situation d’enfant grandissant dans une famille divorcée, a découlé ma perception de celle-ci. 

Je me suis demandée pendant des années à quel moment, on est assez adulte pour comprendre ce que c’est être une femme et ce que c’est être un homme. Ce que l’on attend de l’un et de l’autre, une fois adulte. Je me suis demandée également à quel moment, nous avons le droit de savoir pourquoi ça marche entre un homme et une femme, et pourquoi des fois, comme dans le cas de mes parents ça ne marche pas ! Et j’ai compris, qu’à force de me dire que c’était des questionnements pour les adultes, j’ai grandi avec un modèle me faisant comprendre qu’en fait ça ne marchait pas, jamais même. Oui, que ça ne marchait pas entre un homme et une femme, même si dans leur regard on pouvait lire un amour fou se dégager. Oui, que ça ne marchait pas même si les deux semblaient être fait l’un pour l’autre. Car au final, je n’avais jamais été assez adulte pour savoir ce qui n’avait pas marché entre eux qui étaient mon modèle, celui que j’ai toujours eu, mes parents. Et moi, en tant que jeune femme, une fois qu’il était temps que je commence ma vie, je n’avais donc aucun repère. Qu’attendre donc de moi dans une relation homme/femme, si j’ai vécu éternellement dans une relation femme seule ? Pas grand chose. On ne peut connaître que ce qu’on a vécu, vu ou appris. Car oui, être une femme ça s’apprend ! Soit par mimétisme, soit pas expérience, soit par la force de la vie et des réalités. Autre questionnement tout aussi justifié : Quel sentiment avoir envers le sexe opposé si je n’ai jamais côtoyé celui ci au quotidien ? Comment lui faire confiance et l’aimer, quand le seul être qui a donné sa vie pour nous (notre mère) a longuement souffert de ce sexe opposé. Serait-ce donc une généralité ? Y aurait-il d’autres modèles ? D’autres histoires ? D’autres témoignages ? Encore une fois, on ne peut pas savoir, si on ne nous le dit pas. Car oui, à un moment tout cela n’est plus des questions d’enfants pour nous, mais cela devient des questions d’adultes, et qui nous répond ? 

Je regardais une photo de moi enfant et je me suis dit, pourrais-je un jour redevenir ainsi ? Arborant ce grand sourire que rien ne pouvait effacer, ce grand sourire qui n’était éclipser que quand on me demandait d’aller me coucher alors que je voulais continuer à regarder les dessins animés. Un sourire que la vie a fini par  effacer dès que j’ai compris que la bulle dans laquelle je vivais n’était pas « normale » aux yeux de la société. Dès que j’ai compris que ma vie n’était pas conventionnelle. Dès que j’ai commencé à en attendre plus qu’une réponse « ce n’est pas pour leurs enfants ». En gros dès que j’ai découvert la vraie vie. Cette vie au sein de laquelle, il existe un idéal en fonction que l’on base sur la tradition, la mode ou la bible. Une société au sein de laquelle lorsqu’on a eu aucune réponse à nos questions, on a très peu a donné aux autres et on a également énormément de mal à recevoir. Ce dont on ne se rend pas compte, c’est qu’immanquablement notre enfance aura toujours un impact sur notre vie d’adulte. Mais cela il faut en avoir conscience. Tant que l’on en a pas conscience, on ne peut pas avancer et on continue adulte de se contenter de la réponse «  ce n’est pas pour les enfants » et par conséquent on ne sort pas de cette enfance, on agit pas comme les adultes que nous sommes devraient le faire et on reste prisonnier d’un passé qui nous a forgé tel que nous sommes. Les chrétiens appellent cela les liens d’âmes (entre autre, car c’est un concept spirituel beaucoup plus complexe).

Je l’ai découvert en me rapprochant de Christ. J’ai compris que toutes ces questions auxquelles je n’avais pas de réponse et qui avait fini par s’ancrer dans ma manière de penser, de voir les choses, de me comporter et d’agir, faisaient partie de ces liens d’âmes. Trop longtemps, je me suis contentée du « ce n’est pas pour les enfants », me cantonnant donc à une catégorie de personne dont je ne pourrais jamais sortir. Ensuite, j’ai eu la rage de vouloir devenir le contraire de ce que j’avais toujours eu comme seul modèle de vie. Mais comment réussir, à nager à contre courant, surtout quand les grosses vagues (ces liens d’âmes) nous rendent la vie si difficile ? Pas du tout évident. Je suis persuadée que l’on y arrive pas seule, mais on peut y arriver selon moi avec Jésus. Car, toutes ces questions d’adultes auxquelles je n’ai jamais eu de réponse, le Seigneur pouvait me les donner dans sa parole. C’est la première chose que j’ai aimé en Jesus Christ, la vérité, la parole, nous affranchi, car elle nous rend capable, de continuer à nager à contre courant (et donc à nous battre contre ces liens d’âmes). Comme je le disais plus haut, je regardais une photo de moi petite et j’avais été éblouie par mon sourire. Pendant des années, je me suis demandée comment je pouvais retrouver ce sourire, ce sourire qui datait de l’époque où « ce ne sont pas les choses des enfants » était largement suffisant. J’ai compris que par ma force, je ne pouvais pas. Je ne suis pas de celles qui sont toujours fortes, non !  Il m’arrive très voir trop souvent d’être faible. Et ce car je n’ai jamais eu de réponses aux questions qui ont fait de ma vie celle qu’elle a été. Je n’ai donc jamais eu les clefs pour changer mon histoire. Certains diront que quand on veut, on peut. Je leur répondrais que c’est toujours plus facile quand cela ne nous arrive pas, de minimiser ce que les autres ressentent. J’ai compris désormais que quand on veut on peut mais uniquement si on essaye avec Jésus. Car oui, on peut le faire encore et encore, la réussite ne sera jamais totale si on le fait sans Jésus Christ. Je vois déjà les non croyants me tomber dessus et me dire que Jésus n’est pas une finalité. Laissez moi vous dire que s’il n’est pas la votre, il est la mienne. Je n’écrirais jamais pour faire plaisir ou pour complaire à tout le monde, j’écris pour vous parler de mon histoire. Et la mienne ne peut changer qu’avec Jésus. Car si je n’ai jamais su comment être une femme avec un homme, Jésus lui me l’a appris. La société elle n’a fait que me donner une somme d’exemple tous contraire les uns aux autres basés sur des affectes personnels. Ce qu’il y a de bien dans la parole, c’est qu’elle est une et unique, elle est la même pour tout le monde, d’est en ouest, de nord au sud, et ne se base sur aucun passif. La parole nous amène à briser l’ancien nous et donc à minimiser l’impact de notre passé sur nous, afin de nous concentrer sur notre présent en Jésus Christ pour un futur meilleur.

Ce n’est pas un secret de polichinelle, je serais bientôt maman. Et comme mes parents, pour certains sujets, je dirais à mes enfants qu’ils sont encore trop jeunes pour comprendre. Mais ce que je n’oublierais pas de leur dire, c’est que si de ma bouche, la réponse ne sera jamais vraiment la bonne, dans la parole de Dieu ils auront toujours une réponse parfaite. Je leur dirais, qu’ils ont le droit, d’être une autre personne que celle que j’ai été et je me battrais pour qu’aucune de mes erreurs ne retombent sur eux. Je remercie la parole de Dieu, car elle m’a affranchi et pourra affranchir aussi mes enfants. En ayant pris conscience, de l’endroit où se trouvait les réponses, je me suis débarrassée de la rancoeur et des reproches envers mes parents qui ne m’avaient pas donner une autre vision de la vie, que celle qu’ils avaient voulu vivre. Désormais, je suis heureuse qu’ils aient pu avoir leur vie, celle qu’ils ont choisi et je suis encore plus heureuse que le Seigneur me donne libre arbitre pour choisir la mienne. Aussi bizarre que cela semble, avant cela, je n’avais pas l’impression d’avoir le choix, car je n’avais pas de réponses et surtout les réponses que me donnait le monde, n’étaient pas suffisantes.

Nous ne sommes que le résultat de ce que la vie a bien voulu nous donner ou nous montrer, mais Jésus Christ peut faire de nous quelqu’un d’autre en nous donnant beaucoup plus que ce que le monde veut nous faire croire que nous méritons.

Aux parents et futurs parents, humblement je souhaitais vous dire, à vous, à nous, qui tenons nos petits enfants entre les mains et qui allons devoir les guider dans ce monde, tachons de leur donner des réponses à la vie autre celles que la vie a voulu nous donner à nous. N’oublions pas que ce que nous vécu et ressenti, n’est pas universel. Ne condamnons pas nos enfants et ouvrons leurs les portes vers un autre modèle de pensée. Je pense, à raison ou à tord en fonction de chacun de nous, que la bible est un bon guide, car elle enseigne sans imposer, propose en décortiquant les conséquences et permet de s’appuyer sur un être au dessus de nous. Du moins c’est le guide que j’ai choisi pour répondre aux questions d’adultes que me poseront mes enfants. J’aurais pu ne jamais trouver mon chemin et ne plus jamais avoir l’opportunité de retrouver ce sourire, celui de ma photo petite qui m’a tant fasciné. Uniquement car le monde ne m’avait fait aucun cadeau et m’avait donné une seule face de comment peuvent se faire les choses. Du fatalisme au combat, désormais j’ai trouvé mes réponses et je suis prête à faire MA vie. Car Dieu ne veut pas que nous soyons la réplique d’une autre personne, il nous a fait unique et attend de nous que nous puissions tirer de lui, le meilleur pour accomplir notre destinée.

En guise de conclusion je dirais : on nait, la société nous déforme mais Dieu nous transforme.

Soyez béni(e)s !

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